Lucie Brunet

Nous exprimons un grand regret que Lucie nous ait quittés.  Sa vie, dont sa carrière et son dévouement bénévole, voir même son attitude face à la maladie et la mort, tout cela nous inspire énormément.

UNE BRÈVE BIOGRAPHIE

Lucie était douée d’une grande créativité et était une fonceuse. Femme d’affaires pendant plus de 25 ans, elle a été la première directrice générale de l’Association des auteures et auteurs de l’Ontario français et la présidente-fondatrice du Centre NOVAS. 
Avant d’entreprendre la consultation en 1987, elle était fonctionnaire au Conseil du trésor et à Travail Canada dans les domaines de la gestion participative et de la gestion du changement.
 Ancienne journaliste à Radio-Canada à Edmonton, elle était un atout pour les communications au sein de l’équipe Brunet Sherwood.



Tout au long de sa carrière de consultante, elle a œuvré au service des organismes à but non lucratif, des associations professionnelles et des agences et ministères gouvernementaux. Elle adorait travailler auprès du secteur communautaire. Elle était reconnue pour sa capacité de saisir rapidement les enjeux et de collaborer avec tous les acteurs impliqués dans une problématique. C'était un atout lors des exercices de bilan et de planification stratégique.

Elle a fait, par ailleurs, de l’évaluation de programmes et de la formation (elle était accréditée auprès de l’Institut de formation agricole de l’Ontario). Clients, collègues et stagiaires, tous bénéficiait de son mentorat dans ses interventions d’accompagnement en milieu de travail. On lui faisait confiance pour dénouer des situations délicates par la résolution des conflits. Elle a réalisé de nombreuses revues organisationnelles et a agi comme chef d’équipe pour plusieurs mandats de grande envergure.

Lucie était bien connue dans le milieu franco-ontarien, entre autres, comme chercheure communautaire. Ses recherches participatives sont citées par des universitaires.

Elle avait développé une expertise de pointe dans deux secteurs en particulier. D’abord, en littératie familiale en milieu minoritaire, pour lequel elle a coordonné une équipe de recherche de quatre ans et a développé des programmes qui ciblent la participation des pères.

Son deuxième domaine de spécialiste concernait la violence faite aux femmes francophones de l’Ontario. Depuis 1997, ses multiples études et entrevues auprès des clientes et intervenants ont mené à la création de nouveaux services en français dans plusieurs communautés. Elle a aussi donné de la formation à l’intention des intervenantes de première ligne.

L'on pourrait mentionner un troisième secteur, parce qu'elle a appuyé la création et le développement de plusieurs centres de santé de langue française, gérés par et pour les Franco-Ontariens.

Comme bénévole et militante de longue date, elle a contribué à l’avancement de plusieurs organismes à l’échelle locale, provinciale, canadienne et internationale. Lucie a joué un rôle clé dans la création du Centre Novas, un centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel dans Prescott-Russell. Elle s’est impliquée dans des réseaux de femmes d’affaires et professionnelles et a reçu des prix de reconnaissance décernés par ses pairs.

Enfin, soulignons son souci pour l'épanouissement spirituel, qui comprenait le yoga, une implication auprès de sa paroisse, des pèlerinages aux lieux sacrés et des cérémonies à la recherche du grand mystère.  Vers la fin de sa carrière, « Lucie Lumière » a conçu et offert une série de cinq ateliers sur la sagesse intérieure des femmes.

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Même atteinte d'une maladie, elle a continué à vivre activement, jusqu'à la fin. Sa lumière intérieure brillait jusqu'à son dernier jour sur terre.  Celles et ceux qui l'ont côtoyée pendant les deux ans qu'elle était aux prises avec ses symptômes, ont pu admirer comment elle pagayait son canot à travers les rapides.  Quand elle a reconnu que le courant était plus fort qu'elle, elle l'a laissé l'amener à sa destination ultime, tout en profitant du moment présent pour admirer le paysage et être en contact avec les forces de la nature. 

Son dernier geste d'entraide a été de solliciter vos dons en sa mémoire, au Centre Espoir Sophie d'Ottawa, qui offre des services aux femmes francophones victimes de violence.

Son attitude face à la maladie

Lucie a choisi de demeurer positive, de vivre avec sa maladie au lieu de se concevoir comme une mourante.  Pour cela, elle s'est crée une « bulle de guérison » à l'intérieur de laquelle elle pouvait être relativement heureuse -- et peut-être même guérir, qui sait?  En même temps, elle était réaliste et elle notait l'évolution de ses symptômes.

Pour lire davantage sur l’approche que Lucie a adoptée face à la maladie, ou pour télécharger la présentation publique que Lucie à fait, traitant du sujet « Faire face à ses peurs » CLIQUEZ ICI.

Sa diète par tube
À un moment donné elle a dû adopter une diète liquide, par tube.  Encore là, elle a innové, faisant passer par le tube des aliments sains et variés de préparation artisanale, une pratique que les diéticiens ne connaissaient pas auparavant.

Pour lire, en anglais, au sujet de la diète de Lucie, pour SLA via une tube, sans avoir recours au produit Resource 2.0, CLIQUEZ ICI.

La phase palliative
Éventuellement, Lucie s'est rendu compte qu'elle allait perdre la bataille et -- comme nous tous, un jour -- devait quitter ce monde. Rapidement, elle a délaissé ses lectures sur la guérison du corps pour se plonger dans des lectures et des pratiques de guérison de l'âme.  Elle trouvait les livres de l'auteur franco-ontarien Jean Monbourquette d'un appui particulier dans ce sens.  Vers la toute fin, elle voulait vivre d'amour, c'était devenu son but unique.  Après tout, c'est l'amour qui nous habite, l'amour qu'on transmet, qui continue à rayonner après notre départ.

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Et ce n'est pas fini!  Elle a marqué son monde, elle laisse ses traces.  D'abord par ses écrits:

1- La biographie Almanda Walker-Marchand (1868-1949) : une féministe franco-ontarienne de la première heure, 1992, 303 pages, publié par L'Interligne à Ottawa. (Prix littéraire Le Droit en 1994)
2- Un guide pour démarrer une entreprise, à l'intention des femmes : S'organiser ... pour brasser des affaires. 1998, 104 pages, publié par le Réseau socio-action des femmes francophones de l'Ontario. (Prix Découverte 1998.)
3- Un magnifique livre illustré, qui documente la signifiance de l'architecture et du décor de l'église de son village : Une église, un monument, un merveille : Histoire de l'église catholique de Sainte-Anne-de-Prescott, un effort de collaboration, avec ses co-auteurs Samy Khalid, Martine Leroux, Shana Lavigne, Cécile Leroux et Françoise Brunet. 2004, 88 pages, publié par la paroisse.
 

Le prix Lumière a été crée, suite à son décès, par Centraide Prescott-Russell, pour donner une reconnaissance aux citoyennes et citoyens qui, à la manière de Lucie, font un don de soi significatif à la communauté.

Son village natal organise, au printemps, un échange de vivaces, boutures et semences.  L'événement porte son nom puisque- vous l'avez deviné- elle était l'instigatrice des premières moutures.